Article vétérinaire
Des millions de chats souffrent en silence. Le mien aussi ?
L'avis du vétérinaire Dr. Denoun
Le grand paradoxe du chat
Le chat est un maître du silence.
Contrairement à d’autres animaux, il ne montre presque jamais sa douleur. Ce n’est ni de la pudeur, ni du hasard : c’est le fruit de milliers d’années d’évolution.
Dans la nature, le chat est à la fois prédateur et proie. Montrer un signe de faiblesse — boiter, se plaindre, changer brutalement de comportement — pouvait le rendre vulnérable. Son organisme et son comportement ont donc évolué pour masquer la douleur et la maladie aussi longtemps que possible.
D’un point de vue scientifique, cela s’explique par :
une expression comportementale très discrète de la douleur
-
une forte capacité d’adaptation
-
une tendance à modifier silencieusement ses habitudes plutôt que d’alerte
Quand “tout va bien”… jusqu’au jour où tout bascule
C’est là que le piège se referme pour nous, humains.
Parce que notre chat mange, dort, se toilette… nous avons l’impression que tout va bien.
Puis, parfois du jour au lendemain :
perte d’appétit
amaigrissement
fatigue
troubles urinaires ou digestifs
Et le diagnostic tombe : une maladie chronique, parfois grave, qui compromet son bien-être et son espérance de vie.
Parmi les maladies chroniques les plus fréquentes chez le chat :
l’insuffisance rénale chronique
les maladies bucco-dentaires
le diabète
sans oublier les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ou l’arthrose
Résultat : lorsqu’un chat montre enfin des symptômes visibles, le problème est souvent déjà bien avancé.